Ecrit a posteriori Ce sera différent mais j'ai envie d'immortaliser ce voyage
A 15 jours des vacances, je réalise brusquement que je vais passer 40 jours sur mon bateau seul.
On lit bien les rencontres de voyageurs sur les pontons mais je pense que l'on parle de destinations plus lointaines ou les marins ont des choses a se raconter. Dans les ports de la méditerranée, je n'ai jamais vraiment fait de rencontres.
Bref coup de blues et je place un post sur un groupe fb pour trouver un coéquipier ou une coéquipière
Et c'est ainsi que le 15 juillet à midi Carole a débarqué de la navette a Saint Mandrier avec son baluchon.
Au programme 2 ou 3 jours de cotier pour se connaître avant de traverser sur Elbe et puis le nord Sardaigne. Normalement nous devrions faire 15 jours ensemble.
Après un petit repas, la météo s'y prêtant, nous mettons les voiles avec 15 a 20 nœuds.
Excellentes conditions pour s'évaluer mutuellement. Et cet après-midi se passa a merveille, nous menant au pied de Bregancon.
Le lendemain petit temps, peu de vent c'est un jeu de patience et de persévérance pour tester l'autre face du marin !
Arrivée a cap Taillat, pour une fois pas surpeuplé et toujours aussi beau
Ici commence véritablement notre aventure. Parce qu'en échangeant sur nos rêves, il semble possible de remettre sur la table (à carte) mon premier projet de Sicile et des Iles italiennes. Nous partageons les mêmes envies. La Sicile est pour Carole la terre de ses aïeux et pour moi juste un rêve.
Après une journée de farniente à Taillat, le programme est désormais la Sicile en passant par l'ouest de la Corse puis le Nord Est de la Sardaigne. Il va sans dire que du coup plus question que Carole s'en aille après deux semaines..
La fenêtre météo est proche. Il suffit simplement de laisser passer un petit coup de vent après demain.
Le temps d'une brève pause avitaillement à saint Raphaël et nous voilà en mer en fin d'après-midi le 19 juillet.
En début de nuit, 2 thons nous ont fait monter l'adrénaline sans pour autant monter à bord.
Superbe nuit à la voile. Personne en mer. La plénitude le vent la mer et beaucoup de douceur.
Au petit matin cette fois un petit thon blanc qui nous régalera plusieurs jours.
Après une trentaine d'heures et seulement les 3 dernières au moteur, nous mouillons de nuit à Campomoro dans la baie de Propriano.
La Corse est toujours aussi belle mais pas question de traîner nous avons des objectifs 😉
En chemin nous rencontrons Éric qui remonte. Fausse bonne idée que de se mettre à couple en mer. J'ai cassé un taquet ! Il faudra s'en passer ...
Mouillage juste avant Bonif dans la cala Paragnanu. Du vent.
Nous sommes maintenant le 22 juillet
Nous allons rejoindre le nord est de la Sardaigne en laissant Bonifacio et la Corse derrière nous. Bon vent de face comme souvent dans ce coin avec un courant à contre. J'essaie de contourner les Madalena par le nord et sitôt après avoir viré au Sud, le vent monte, grosses Rafales. Le bateau loffe. Situation mal anticipée qui aurait pu mettre un terme à notre périple. Pendant que j'essaie de garder le bateau au vent au moteur, Carole met toute son énergie pour affaler la gv. Pendant ce temps le génois qui a fait un tour claque au vent. J'ai bien cru que nous allions le perdre mais il a résisté. Ouf. Reste à trouver un mouillage tranquille pour se remettre de nos émotions.
Nous sommes désormais prêts pour traverser sur la Sicile mais pour l'instant un coup de vent sérieux s'annonce.
Une petite journée de cabotage jusqu'à la cala di Volpe. Splendide mais envahie de yatchs gigantesques.
Le 24 juillet il est temps de trouver un abri car les 40 noeuds annoncés demain vont précipiter tous les bateaux dans les ports.
La marina Portisco est fort charmante et nous allons y passer 3 belles journées. Restos, balades, lessive, farniente : l'escale en fait
Au matin du 27, le coup de vent est passé. C'est l'heure de nous lancer. Une traversée de 240 milles nautiques en ligne droite qui s'annonce sans danger mais peut être compliquée parce que aucun vent ne va s'établir.
La première journée, petit vent mais suffisant pour maintenir les voiles et naviguer presque plein sud.
Deuxième très chaotique. Une tentative de prendre le large . Pas de vent. Moteur pour la deuxième nuit en s'écartant un peu des côtes. Puis au petit matin une brise s'établit. Nous allons faire un bord au près de 160 NM .
Au début nous pointions entre la Sardaigne et la Sicile. Peu a peu en serrant le vent, le cap s'établit sur Castelamarre del golfo, notre destination, le village des Alonzo.
Ce bord au près fut un moment véritablement merveilleux, invraisemblable. Et pour le couronner nous avons pris notre 2ème thon, beaucoup plus gros que le précédent. Miam.
Après 83h de nav, nous jetons l'ancre au début de la nuit devant Castelamarre del Golfo.
Une si longue traversée était une première pour nous deux. Elle fut délicieuse. Elle restera ancrée dans nos mémoires.
Le 31 juillet nous amarrons le matin dans le port de Castelamarre. A la bonne franquette. Puis partons découvrir le village.
C'est ici dans la rue qui porte son nom, que Carole apprends que sa fille est sur le point d'accoucher. Coïncidence incroyable. Émotions !
Journée de flâneries avec un petit resto.
1er août ce n'est pas tout ça mais il faut encore avancer car nous sommes loin, avons des envies de découverte mais malgré tout des impératifs de retour.
En avant donc le long des côtes siciliennes.
Nav tranquille en cherchant les risées jusqu'à la baia di mondello ou nous jetons l'ancre au moment ou la lune pointe à l'horizon
Superbe endroit.
Le jour suivant nous passons Palerme sans nous y arrêter pour nous diriger vers Cefalu.
Rencontres avec des dauphins
Mouillage devant le port et le lendemain Superbe balade dans le village.
Depart en début d'après midi en direction des Iles éoliennes. Après avoir cherché le vent le long des cotes jusqu'en début de soirée, nous mettons le cap sur Isola di Salina. + ou- 50 NM .
Nav de nuit sans histoire. Petit temps mais à la voile. Lever de soleil grandiose (il paraît car je dormais grr) entre isola di salina et Lipari.
Arrivée millieu de matinée. Le mouillage est un peu encombré. Il y a du vent et surtout la météo n'est pas fameuse. Il faudra sortir toute la chaîne ou presque. Il faudra aussi rester deux nuits car le vent souffle fort et il pleut. L'ile de Salina est très touristique mais pour autant le village se limite à une rue . Sympa mais sans plus.
Au matin du 06 août debout 5h pour départ très tôt mais le vent souffle encore. Dodo.
A 8h après le petit dej nous nous préparons.
Au moment de partir je vois un voilier parti un peu plus tôt qui revient. Petite inquietude sur l'état de la mer vu le vent qu'il y a eu ces dernier 48h.
Nous nous demandions si l'ancre allait se décrocher car nous avions vraiment super bien tenu au mouillage malgré le vent mais tout s'est bien passé. Partis .. en direction de Capri, un peu plus de 120 milles.
Nous allons comprendre rapidement que cette traversée là ne serait pas de tout repos. Vent vraiment soutenu et grosse houle. Carole est un peu malade mais elle tient la barre ! Trop de vent pour garder la grand voile. Il nous manque un 3ème ris. Dommage. Le génois partiel et 1000 tours moteur pour stabiliser le bateau et la trajectoire. Ça avance bien. Navigation fatigante. Nuit assez dure. Quelques gros nuages limite cogestus mais finalement nous arriverons a Capri en fin de journée le 07. Bien fatigués. Mouillage contre les falaises côté Sud. Splendide.
Le lendemain nous renoncons a visiter Capri en voyant le nombre de navettes et ferry qui deversent leur flot de touristes.
Direction Procida en face dans la baie de Naples. Traversée un peu a la voile et un peu au moteur. Le port est très cher et le mouillage au Sud est splendide.
Mouillage donc 😉 en fin de matinée. Ile absolument merveilleuse. Belles balades
dans les rues, au port et sur les hauteurs.
Quelques courses et petit resto poissons grillés. Humm
Cette escale fut un vrai régal mais voilà il nous reste a beaucoup de chemin donc nous repartons en fin de matinée en profitant d'une risée. Nous sommes le 09 août et notre objectif est la minuscule Ile de Ventotene. Mais en chemin le vent qui s'est enfin levé en fin d'après-midi, nous suggère de zapper Ventotene pour pointer directement sur Ponza.
Encore une fois au près. Du vent toute la nuit. Souvent près serré. Ponza se livre à nous quelques heures après le lever du jour.
Ici aussi c'est un enchantement. A couper le souffle.
Mouillage devant le port dans un premier temps mais c'est interdit donc nous bougeons pour rejoindre le mouillage autorisé. Ici aussi nous allons en ville en Kayak. Balade. Petite courses . Baignade. Tant de beauté c'est indécent !
Nous reviendrons sur ces îles italiennes, c'est sûr !
Au matin du 11 août, une nouvelle traversée s'annonce : 160 NM pour rejoindre Elbe. C'était notre destination initiale et ce sera presque la finale en fait.
Peu de souvenirs de ce tronçon. Certainement sans encombre.
Elbe, dont j'ai beaucoup rêvé ne me laisse pas de souvenirs impérissables. Nous y passons quand même trois jours.
Avant de filer au Nord Ouest a Capraia. Ici je retrouve le charme des îles italiennes.
Jolies ruelle. Petit port tranquille. Joli mouillage. La balade du lendemain matin très agréable.
Nous approchons tristement du terme de cet incroyable périple.
La météo pour remonter cette mer tyrrhénienne s'annonçait difficile dans le sens ou les vents sont faibles, peu établis. Finalement nous avons navigué toute cette partie 80 % à la voile. Nous avons appris. Nous avons joué avec les prévisions et la réalité mais surtout nous avons voilé. Pour notre plus grand bonheur.
Bref il nous reste a rejoindre le cap Corse et pour me faire mentir sur une mer d'huile sans un souffle d'air.
Ce sera le cas : une traversée de 120 milles environ pour rejoindre la baie de Saint Tropez. 95% a la voile. Moyenne 4 knts. Mer calme. Dans la soirée un très beau thon est venu s'accrocher et après une heure ou plus de combat il est reparti 😢. Cassé !
Par contre au petit matin, Carole annonce des dauphins. Je cours à la proue. Frissons. Les dauphins font la moitié du bateau. Il y en a partout. 20 ? 30 ?
Il nagent un peu plus calmement que des dauphins. Aucune agressivité . Ils nous accoompagnent tranquillement. Ils ont un nez renfrogné, ressemblent a des belugas en fait mais en noir. Renseignements pris auprès de steph mon copain du Québec ce sont des Globicephales noirs. Belle rencontre.
Arrivés dans la matinée pour un mouillage dans l'anse des canebiers. Sieste et Kayak pour l'après-midi.
Le lendemain ce sera escale au mouillage sur bouée a Cavalaire. Toujours aussi agréable ce port animé. Petit resto et glaces. Retour de nuit en Kayak. C'est rigolo.
Notre dernière étape sera Port Man sur l'ile de port cros. Très beau mouillage. Certes un peu trop fréquenté.
Nous recroisons Éric qui est avec des clients.
Voilà il nous reste quelques milles a parcourir pour boucler la boucle. A regret. C'était tellement bien. Merci Carole.


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